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PAGE MISE A JOUR LE 27 JUIN 2008
PATRIMOINE
Conçue par l'ingénieur
Regnault et réalisée avec le concours de
Gustave Eiffel en 1860, le Pont ferroviaire
de Bordeaux est une pièce de patrimoine qui fit la fierté des
bordelais dès sa construction. Et à juste titre, puisque
le jeune chef de chantier - 26 ans seulement, mais déja visionnaire
- y expérimenta des idées majeures :
1 - construction d'une
structure ajourée plus solide
qu'une structure pleine
2 - enfoncement des piles à l'aide d'air comprimé
Ainsi le pont ferroviaire
de Bordeaux, toute première réalisation
de Gustave Eiffel, fut la première application des techniques de construction
de la Tour Eiffel.
RFF nous dit aujourd'hui
que ce patrimoine n'est bon qu'à être démoli.
Ce qui reste à prouver, comme nous allons le voir.
"PASSERELLE"
En
voilà un
drôle de nom pour un pont aussi important... Certains
racontent que les bordelais le surnommèrent
ainsi en raison d'une passerelle piéton
qui lui avait était
accolée.
Légende sans fondement, puisqu'on
l'appelait déja "Passerelle" avant
même qu'il n'existe, comme le prouve ce plan de projet
tracé 14 ans avant la construction. A ce moment
la population ne peut pas lui avoir trouvé de
surnom. Le passage
piéton n'est même pas dans les esprits.
Pour les ingénieurs puis pour
la population, le terme de "passerelle" semblait plus
approprié, d'une part parce que l'ouvrage avait
un aspect très "léger" comparé à celui
d'un pont en pierre, et d'autre part parce qu'il n'avait
qu'une fonction de raccordement.
La carte
postale ci-dessous est sans ambiguïté : une chose
est le passage piéton, autre chose est la "Passerelle".
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Projet de gare du Midi, alors
fort modeste... |

BORDEAUX FACHEE AVEC
LES PONTS ?
Souvenez-vous : la triste affaire
du Pont du Perthuis, dernier pont tournant à culassse
de France, inclus dans le secteur UNESCO, mais détruit
par les bons soins du Port Autonome de Bordeaux (qui du coup
s'est vu retirer une subvention de 500.000 euros du Conseil
Général). Les arguments pour le démolir
: corrosion, dangerosité, manque d'intérêt culturel.
Air connu... Seulement voilà, cela n'a pas plu à l'UNESCO.
Première raison d'agacement...
Le projet de pont levant Baccalan-Bastide
risque de défigurer le panorama, avec ses immenses piles
qui s'imposeront à l'oeil sur l'ensemble des quais.
Deuxième raison de se fâcher pour l'UNESCO. Alors, l'alternative
tunnel sous le fleuve, il va bien falloir y réfléchir
! Les architectes placeront leur orgueil dans un ouvrage enterré,
c'est moins visible, c'est ce qu'ils n'aiment pas...
Le projet de démolition
de la Passerelle a été la goutte qui a fait déborder
le vase. Cette
fois l'UNESCO a vu rouge, et a menacé Alain
Juppé de retirer son classement à la Ville.
Bordeaux n'a pas de goût pour
ses ponts métalliques. Il faudrait ne pas en parler.
Tant pis.
"Celui qui dit la vérité doit être executé",
chantait Guy Béart. Cette fois, le poête n'aura pas
toujours raison. L'UNESCO protègera Bordeaux contre
elle-même. Tant mieux !
COÛT : UN PESSISME
CALCULE
Il paraît que la conservation
et l'entretien coûtera une fortune ? Oui, si on en croit le "groupe
de reflexion" réuni par Alain Juppé, groupe
qui ne communique pas sur sa propre composition...
Seulement voilà :
ce comité s'entête depuis le départ à fournir
un chiffrage qui correspond à l'entretien d'un pont ferroviaire
en service, et ne veut pas refaire son calcul sur la base
d'un trafic piéton et vélo.
Autant les compétences
de ce groupe ne peuvent être remises en question, autant son
indépendance du monde ferroviaire est sujet à caution,
puisque composé par la Ville, le Département,
SNCF et RFF.
Or lorsque RFF et SNCF sont impliqués
dans la réalisation de devis, on obtient toujours,
au final, une somme très supérieure à ce
que des prestataires indépendant proposent. Quelques
exemples :
1 - le dossier de la remise
en activité de la ligne
de Blaye : en 2005 le Conseil Général a eu recours,
pour juger de la situation, à l'agence
EREA qui s'est appuyée sur des données fournies
par la SNCF, laquelle considère que la ligne n'a aucun intérêt,
et ne souhaite pas voir un exploitant privé générer
une activité embranchée sur St-Mariens.
Le
coût de la remise en état de la voie pouvait coûter 2,5 à 3
fois moins cher que le chiffrage SNCF, basé sur un trafic bien
plus lourd et plus rapide que nécessaire.
Le résultat a dissuadé le
Conseil Général
de toute action. Surtout lorsqu'une annonce de la fin du tri des wagons à St-Mariens
a fait exploser le coût d'acheminement vers un autre lieu de tri. Curieusement
une proposition d'étude par un cabinet ferroviaire indépendant
n'a été retenue
par personne, même pas à la Mairie de Blaye... sans doute parce
que, comme dans le cas qui nous intéresse, un chiffre qui fait peur ça
permet d'enterrer facilement un dossier.
2 - dans l'Hérault,
la ligne industrielle de Colombiers-Cazouls (7 km) était
gérée à grands
frais par la SNCF. Lorsque le Conseil Général a décidé de
racheter la ligne pour l'exploiter de manière moins coûteuse, la SNCF
a instantanément
augmenté la facture de l'embranchement de
300%. Heureusement le Conseil Général de l'Hérault est
parvenu à multiplier par 4 le tonnage annuel (mais l'exemple n'a pas été jugé digne
d'intérêt par nos édiles girondins).
3 - lorsque les
politiques et le Gouvernement Espagnol ont fait pression pour
que la ligne de Pau-Canfranc soit réouverte à l'exploitation,
le devis présenté par RFF et SNCF a subitement été augmenté de
400%. Comment interpréter cela, sinon comme une dissuasion
?
Alors
ne soyons pas étonnés que des devis catastrophiques condamnent
par avance la Passerelle de Bordeaux. Le groupe de réflexion
d'Alain Juppé ne possède pas de devis issus d'un cabinet
indépendant, car les visites de la Passerelle ont toujours été interdites
aux personnes étrangères au chantier. De la sorte, personne
ne peut se faire d'opinion technique en dehors de RFF et SNCF... qui
restent juges et parties et peuvent dramatiser librement. RFF et SNCF
étant les seuls à pouvoir fournir des chiffres clés
au groupe de réflexion d'Alain Juppé, il n'y a pas loin à chercher
pour savoir qui pilote qui...
Au
final, les politiques ne regrettent pas toujours les chiffrages exégérés
: lorsqu'un projet les inquiètent, ils sont assez contents de
pouvoir prétexter
d'un coup exhorbitant pour classer le dossier. C'est ce qui était
censé se passer
pour la Passerelle.
A la mi-Juin 2008, Alain Juppé s'appuie
sur 20 millions d'euros pour estimer le coût exhorbitant. Mais encore
une fois, ces 20 mE. sont ceux de la remise en état d'un pont
en vue d'un trafic ferroviaire. C'est là qu'est l'erreur ! Mais
le pire n'est pas l'erreur en soi ; le pire, c'est que l'erreur soit
maintenue volontairement pour gonfler le chiffrage. Car ce n'est certainement
pas celui d'un pont prévu pour un trafic piéton/vélos
! Alain Juppé s'appuyait-il sur
le devis catastrophe pour se débarrasser du pont ? L'homme ne
paraît pas être un habitué de ce genre de comportement, mais qui
le conseille ? Qui fait pression ? C'est là qu'il faut chercher...
UTILITE ET FREQUENTABILITE
Un passage piéton
et vélo est certainement le bienvenu. Le franchissement
en vélo du Pont St-Jean
est interdit aux piétons et vélos depuis bien longtemps,
et pour qui tente le coup cela relève
d'une épreuve
de Fort Boyard : on n'a pas trop d'un cerveau et de deux jambes
pour rester en vie, et de deux bras également
pour porter son vélo ! Il paraît qu'une fois rouvert,
ce pont suffira. Mais la politique bordelaise, en matière
de vélo, n'a jamais permi que l'existence du vélo,
et non pas son utilisation pratique (il suffit de chercher les
point d'attache dans les voies commerçantes pour comprendre...
ou ne rien comprendre, c'est comme on veut).
La Passerelle
offre de plus un rapport très spécial avec le fleuve. Si
la Passerelle est ouverte à la
circulation vélo, elle deviendra vite un lieu
de promenade touristique et familiale très fréquenté.
Ceux qui prétendent le contraire sont ceux qui n'ont jamais été voir.
Pour la minorité (ouvriers et visiteurs accompagnés) qui
ont réussi à s'y rendre, le lieux se révèle
surprenant. Si seulement ceux qui n'ont rien vu admettaient qu'ils parlent
sans savoir... seulement voilà, ceux qui n'ont rien vu sont aussi
ceux qui parlent le plus.
Au
mois d'avril 2008 il a été avancé un
problème
de nuisances sonores dues au nouveau pont qui rendrait la
Passerelle infréquentable. Or dans un premier temps,
le 8 mai précisément
avec le premier train sur le nouveau pont, on a constaté que
les trains de voyageurs ne font pas plus de bruit que sur
une voie normale car la voie ferrée est posée
sur ballast (lit de cailloux). Il est un fait : un pont avec
voie sur ballast émet 15 dB en moins qu'un pont sans
ballast (source : SNCF, Dir. de la Recherche et de la Technologie,
11/06/2003).
L'argument
n'étant
plus valable, à la
mi-juin 2008 la problématique est déplacée
sur les trains de marchandises, certes plus bruyant. Mais
personne n'a pour l'instant produit de mesure audio concernant
ces trains sur le nouveau pont. L'association "Sauvons
la Passerelle Eiffel" est en train de se pencher sur
la question. En attendant, voici ci-après quelques repères
sur cette question.

NUISANCE ACOUSTIQUE
: UNE ARGUMENTATION A RISQUE !
Selon Vincent Feltesse,
Président de la Communauté Urbaine de Bordeaux,
la Passerelle est incompatible avec la circulation de piétons
et vélo en raison de la présence du nouveau pont.
Aucun explication supplémentaire n'est fournie.
Voilà une argumentation un peu courte ! "Entre les lignes"
on comprend que la question acoustique est en ligne de mire.
Mais alors, si le bruit d'une circulation quelle qu'elle soit
est cause de l'incompatibilité, il faut mettre définitivement
fin à la circulation des piétons et des vélos
sur les deux ponts routiers de Bordeaux ! Et si on ne le fait
pas, c'est donc que l'argumentation est irrecevable.
Il faut noter aussi que la circulation automobile est une nuisance
permanente, qui ne s'arrête jamais durant la journée.
Alors que la circulation ferroviaire offre bien plus de périodes
de silence que de période de bruit. Voici un petit tableau
récapitulatif qui répond très clairement
aux critiques :
| Type de matériel |
Puissance acoustique |
durée
(à 40 km/h pour les trains) |
intervalles / pauses
dans la nuisance |
| Train de fret |
90 dB |
1mn30 |
30 minutes |
silence complet |
| TGV (motrice) |
80 dB |
5 secondes par motrice |
3 à 10 mn. en moyenne. |
| TGV (partie voyageurs) |
60 dB |
40 sec. (motrices incluses) |
| Train corail |
80 dB |
30 sec. |
| TER |
80 dB |
20 sec. |
| voitures |
80 dB (motos et camions : 90 dB) |
permanent |
aucun interruption durant la journée |
Si on admet qu'une famille traverse la Passerelle en prenant le
temps de regarder le fleuve, et de fort probables animations pendant
30 minutes. Partons d'une base moyenne avec un train toutes les
5 minutes, chacun mettant 40 secondes pour passer. On obtient donc
6 x 40 secondes = 4 minutes de nuisances, soit 26 minutes sans
bruit de circulation.
Des lieux dont la réputation est basée sur leur
convivialité, tels que le Miroir d'eau de la Place de la
Bourse, sont bien loin d'offrir une telle proportion de répit
acoustique ! Or pourtant, les promeneurs ne manquent pas. On voit
donc bien combien l'argument ignore superbement les pratiques des
promeneurs, pratiques pourtant observables par tout le monde !
Les bordelais
gardent en mémoire les bruits de trains de marchandise sur
la Passerelle Eiffel, or le
nouveau pont avec sa voie sur ballast permet une baisse
de 15 dB par rapport à la Passerelle, ce qui fait, du point
de vue auditif, une grosse différence (il y a 10 dB de différence
entre un aspirateur et une voiture). De plus, le parapet du nouveau
pont empêche la diffusion horizontale des composantes aigües du
bruit, chose impossible avec un pont en treillis.
Enfin il y a un risque à prétendre
sans cesse que le nouveau pont cause tant de nuisance : c'est d'accuser
RFF d'avoir fait réaliser un pont qui pose un problème
d'environnement sonore. Pour les multiples raisons évoquées
ci-dessus, il est clair que les techniques utilisées garantissent
une atténuation tout à fait correcte des nuisances
sonores.
SOLIDITE
RFF
a longtemps affirmé que la Passerelle doit être démolie
en raison de sa fragilité. Au début de l'année 2008
RFF mettait en avant un état de corrosion avancé, argumenté par
une étude SNCF datant de 1990 (précisons qu'à la même époque
des travaux de renforcement ont été effectués, mais
on n'en parle guère aujourd'hui !).
Comme nous allons le voir, s'il
y a bien corrosion, pour autant l'argument ne fonctionne absolument
pas.
C'est sans doute pour celà qu'à
la mi-Juin 2008 l'argumentation de RFF ajoute un problème sur
une pile du pont qui donnerait des signes de faiblesse. Mais
celà ne
peut pas non plus être retenu. Car alors une question se pose...
La Passerelle serait-elle devenue
subitement fragile et dangereuse dans la nuit du 8 au 9 mai
2008 ? Si oui, par quel phénomène étrange
? Car à prétexter cette dangerosité, il
y a un risque : reconnaître que la Passerelle était
déja
gravement fragilisée alors que la SNCF y faisait encore
passer des milliers de voyageurs ainsi que des trains de fret
de 1.500 tonnes. En ce cas, on peut se poser des questions
dérangeantes
sur le "principe de précaution", les "normes
de sécurité"... et la responsabilité de
RFF et SNCF s'il s'était produit un incident grave.
Mais il y a fort à parier
que personne, ni chez RFF ni à la SNCF, n'aurait voulu
assumer un pareil risque. Et que donc les trains, jusqu'au
dernier, ont circulé en parfaite sécurité.
Mais alors... si la Passerelle,
au début du mois de Mai 2008, était capable
de supporter un train de 1.500
tonnes, comment expliquer qu'elle ne puisse pas supporter
2,5 tonnes de piétons (moyenne pour 50 personnes)
??? Qui plus est : 2,5 t. réparties
sur l'ensemble du tablier, alors qu'avec un train, c'est
autant d'essieux qui pèsent chacun 24 t. sur un point
tangentiel... qu'on y songe !...
Parallèlement à ce
catastrophisme, RFF évoque aussi l'affaiblissement
généralisé de
la Passerelle par la suppression des culées. Il faut
comprendre que cet appui longitudinal du pont est essentiel
en raison du freinage des trains entrant, ou de l'accélération
des trains sortant. Dans les deux cas le tablier appuie vers
la gare, et se trouve retenue par la culée. Sans elle,
le tablier avancerait avec le train lors du freinage, et le
pont s'écroulerait.
Mais à partir
du moment où plus aucun train ne circule, où est
le problème
? Quant à la pression de l'eau sur les piles du pont,
elle est exercée de manière latérale,
et en raison du principe du levier, les culées n'ont
qu'une efficacité très réduite pour lutter
contre cette poussée qui est perpendiculaire à leur
axe de résistance. Les piles, de toute façon,
n'ont besoin d'aucune aide pour tenir. Enfin il faut noter
que l'appui sur les culées
peut être remplacé par
des moyens peu onéreux tels que des haubans horizontaux.
La solidité de la
Passerelle est donc un faux problème,
un prétexte fallacieux.
PESSIMISME
VOLONTARISTE ?
RFF s'est montré assez
pressé de se débarrasser de la Passerelle. Voilà qui
est logique, puisque ce n'est plus un pont à usage ferroviaire.
Mais pourquoi "on" est pressé de la démolir
?
Deux éléments de réponse (il peut y en avoir d'autres, évidemment)
:
1 - Eiffage a tout intérêt à facturer
le plus de prestations possibles, comme toute entreprise. Jusque
là, rien d'anormal. RFF
a demandé la construction d'un pont et la démolition d'un autre.
Mais RFF a réuni les deux demandes en un seul contrat. L'intérêt
est évident pour Eiffage qui s'assure de vendre une prestation de
plus, et RFF ne la lui aura pas refusé. Le monde de "l'Infra" ferroviaire
est une grande famille... Ce qui est réellement criticable c'est
que l'on ait de la sorte rendu la démolition
quasiment inévitable.
Impossible de reculer, car sinon cela contredirait le contrat, et obligerait
RFF à dédomager Eiffage. Voilà comment on rend les choses
irréversibles ! Etait-ce vraiment nécessaire ?
2 - la SNCF - et RFF son
héritière culturelle - a toujours eu du mal a accepter
que le prestige du Patrimoine vienne faire ombrage
à celui du TGV et des réalisations
actuelles. Souvenez-vous... au moment de la Deuxième Guerre
mondiale les Anglais, les Allemands et les Français
avait rendu les locomotives à vapeur capables d'atteindre les 200
km/h, et on était encore loin d'avoir testé toutes
les nouvelles améliorations (turbines à vapeur, tenders à condensation,
chaudière à tubes d'eau, distributions à soupapes, etc).
Mais ces recherches furent brutalement stoppés car "il fallait" passer à l'électricité et
au diesel. C'est ainsi que la 232-U-1, prototype à grande vitesse,
fut définitivement
limitée à 120
km/h. Pourquoi ? Pour pouvoir "l'enterrer" plus rapidement. Aujourd'hui
cette machine est condamnée à faire une grotesque prestation à poste
fixe au Musée de Mulhouse... Et voyez comment, aujourd'hui encore,
aux plus haut niveaux, certains s'ingénient à nuire au patrimoine
roulant, en obligeant par exemple une machine roulant tender en avant à se
restreindre à 30 km/h alors que cette limitation est techniquement
néfaste pour les machines et que c'est commercialement un suicide.
Il y a volonté de
nuire au Patrimoine. Pourquoi ? Parce que seule la gloire des ingénieurs
en activité compte. Le reste est bon pour la poubelle. La "Passerelle" (qui "gâche" la
vue selon certains) ne
doit donc pas faire ombrage au nouveau pont qui doit rester le seul à unir
les deux rives. Du point de vue architectural, il doit trôner sur la Garonne
sans partage. Ici, le monde ferroviaire et le monde non-ferroviaire marchent
la main dans la main. La survivance de la Passerelle pose un problème
d'image... tout simplement ! Est-il vraiment indispensable que la fierté corporatiste
(architectes et urbanistes) tourne à l'ostracisme anti patrimoine
?
Ce n'est en tout cas pas l'avis
de l'architecte Jean de Giacinto, concepteur du nouveau pont,
et qui s'est rangé parmi les pro-Passerelle ! Il milite
pour la valorisation du travail de ses prédécesseurs.
Il faut le dire : cette disposition d'esprit est suffisament
rare parmi les architectes français pour mériter
un vrai respect.
Vous voulez savoir jusqu'où on
peut aller dans l'irrespect du patrimoine ? Rendez-vous devant
le chevet de la Cathédrale de Bordeaux, place Pey-Berland,
et admirez comment les urbaniste se sont moqués des
Monuments Historiques avec les habillages des rampes d'accès
au parking de PARCUB. Mauvais goût, entêtement et orgueil
incommensurable, voilà la cause de l'irrespect du Patrimoine
! Et curieusement... cette dépense totalement inutile
des deniers publics ne dérange pas, cette fois !
DES PROJETS ET DES
SOLUTIONS
Les projets sont nombreux.
Portés
par l'Association "Sauvons
la Passerelle Eiffel" (300 adhérents), ils
sont étudiés
par des professionnels compétents
mais surtout indépendants. Ces projets ont déjà été présentés
lors d'une soirée
publique qui a eu lieu le Mercrdi 14 mai 2008 au Complexe Megarame (ancienne
gare d'Orléans) de Bordeaux.
ET L'AVENIR PROCHE ?
A la rentrée de septembre 2008 la bataille sera de
rigueur. Car si les politiques ont cédé à la
pression de l'UNESCO, il n'en va pas de même pour RFF qui se
retrouve avec la charge de la Passerelle pour plusieurs mois
de plus, en attendant le transfert de propriété.
Pour se débarrasser de ce fardeau, RFF n'a qu'une solution
fiable à ses yeux : la destruction. Aussi l'entreprise
continue-t-elle de sortir ses chiffrages catastrophiques, et
ce malgré le fait qu'ils soient complètement
périmés, puisque s'appuyant sur des données
incluant un trafic ferroviaire ! Un entêtement assez curieux...
La vigilance reste donc nécessaire au cours de l'été.
Vous pouvez télécharger le document de synthèse
de cette soirée : Cliquez-ici (format
PDF, 12 Mo)
Le blog de l'association
: http://sauvons-la-passerelle-eiffel.blogspot.com
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